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Conlusions

CONGRES DE LA FIDACA HAGUENAU 5-7 SEPTEMBRE 2003 Essai de synthèse des rapports nationaux.

Mondialisation et Globalisation Utilisation des termes : Globalisation (Chili, Pérou, Lituanie, Grande-Bretagne, Allemagne, Autriche, Suisse)

Mondialisation (Italie, Togo, Lettonie, France)

Faut-il distinguer les deux ? La mondialisation est un processus d’élargissement de l’espace économique grâce à la libération des échanges; elle débouche alors sur la perte d’autonomie des politiques économiques locales ou nationales. La globalisation est une intégration de production par l’interconnexion des marchés, des biens, des services et des marchés financiers.

(Bénin)

Analyse d’un phénomène complexe Terme neuf, dont on n’a pas encore découvert tous les effets. Les effets positifs ou négatifs dépendent de choix fondamentaux : au service de l’homme ou de la croissance sans tenir compte de la solidarité. Il faut une démocratie politique et économique pour une nouvelle culture de la solidarité forgée par un dialogue complexe et persévérant avec le tissu des réalités sociales les plus diverses de la planète.

(Italie)

Mondialisation et Église L’Église “catholique” est la première réalisation de la globalisation (Autriche). Église catholique veut dire Église universelle pour la rencontre de la diversité et de la richesse de chaque culture (Chili) Vivre une nouvelle Pentecôte. (NB la Grande Bretagne se voit comme un participant important dans les affaires du monde, au coeur de l’Europe avec un lien privilégié avec les USA.

De plus, société multiculturelle et multiethnique). Une éthique globale qui s’est développée depuis les conciles oecuméniques, de Nicée à Vatican II. (Grande-Bretagne)

DEFIS :

  • Recherche médicale : paludisme, tuberculose, Sida.
  • Gestion de l’eau 
  • Relations financières. Remise de la dette des pays les plus pauvres. Pétitions des membres de Voir Ensemble
    (France)

1. L’impact de la mondialisation sur la personne handicapée Chances et dangers de la globalisation (cfr deuxième rassemblement oecuménique européen en 1997). (Autriche) Un nouvel ordre auquel on pourrait se rallier, s’il répondait aux 5 besoins vitaux des population : se nourrir, se vêtir, se loger, se soigner, s’éduquer, mais rien n’est fait pour l’instant.

(Bénin). La globalisation actuelle ne répond pas aux promesses de Dieu pour sa création mais à des intérêts économiques. (Allemagne).

Aspects positifs:

  • Union entre les pays et les cultures, dialogue interethnique, esprit oecuménique, démocratie, technologie, liberté d’expression, raccourcissement des distances, communication efficace et instantanée, premier pas pour l’utopie d’une seule humanité. (Chili). 
  • Contact direct avec tout ce qui se passe dans le monde. Aucun gouvernement ne peut cacher ce qui se passe dans d’autres régions du pays ou à l’étranger. Moins de risque de tyrannie, de tortures et de massacres, grâce à la communication et à la pression internationale. Grâce à l’Internet les étudiants élargissent leur horizon. Sur le marché, on trouve tous les types de produits et la qualité de vie s’améliore, même si les salaires sont bas. Les femmes occupent toujours plus de postes importants dans les gouvernements et les professions libérales. L’informatique, la médecine et la chirurgie hautement techniques sont des apports positifs de la globalisation. (Pérou). 
  • Informatique. Pour les aveugles, travail en commun et échange d’expériences. Les aveugles peuvent l’utiliser comme les voyants. Abolition des frontières. Espoir mis dans l’adhésion à l’Union européenne.
    (Lituanie). 
  • Possibilité de communication, grâce à l’Internet, avec des peuples d’autres nations.
    (Grande-Bretagne)

Beaucoup de peuples peuvent croître et se développer (Grande-Bretagne). Arrivée de marchandises du monde entier. Ex., électronique pour mal voyants.

Information et communication avec le monde entier. Ex., préparation de congrès. (Allemagne) Échange d’informations au plan mondial, projets mondiaux de recherche et répartition égalitaire des biens.

(Suisse)

Accroissement de l’interdépendance entre les pays. (Togo).

Aspects négatifs :

  • Inquiétude des aveugles (Lituanie)
  • Approche purement économique des pays riches : théoriquement, la personne handicapée a des droits mais les lois qui la protègent ne sont pas prises ou mises en pratique (Chili).
    Dans la logique libérale, la globalisation provoque la dualisation de la société et augmente le fossé entre riches et pauvres, entre pays du centre et ceux de la périphérie, entre les privilégiés et les exclus. C’est particulièrement vrai pour les personnes aveugles et les mal voyants (Chili). 
  • Accroissement de la misère à cause de l’absence totale des nouvelles technologies. Cela creuse davantage le fossé entre les pays technologiquement avancés et les pays pauvres très marginalisés. (Togo)
    Des personnes aveugles éprouvent des difficultés pour acquérir les techniques
    nouvelles. 
  • Craintes d’effets négatifs sur le mode de vie. Augmentation des désirs et difficulté de les satisfaire. (G-B)
    Ce sont les grandes multinationales et les capitaux étrangers qui possèdent les ressources énergétiques et les communications grâce à la privatisation (Pérou)
  • Les produits importés sont moins chers que les produits nationaux. L’entrepreneur local s’endette et finalement tombe en faillite, provoquant le chômage de ses employés (Pérou).
    Certaines firmes commerciales réussissent grâce à un marketing habile (Riplay y Falabella) auprès des personnes à faible revenu. (Pérou).
    La volonté du gouvernement d’une alphabétisation informatique ne touche pas les personnes aveugles. Peu d’entre elles accèdent à l’informatique (Chili).
    La lutte des personnes avec moins de capacité pour trouver leur place dans la société a commencé. Une loi a été votée, mais jusqu’aujourd’hui, rien n’est fait pour son application. Il y a beaucoup de marginalisations et de préjugés pour les personnes non voyantes lorsqu’elles sollicitent un emploi, même si elles ont démontré leur capacité. (Pérou). 
  • Travail. Il n’est pas uniquement une source de revenus mais une possibilité d’être membre à part entière de la société. Ceci est spécialement vrai pour les aveugles. Il y a 15 ans, presque tous les aveugles travaillaient. Actuellement, ils ne sont plus que 15 à 20 %. Crainte de l’arrivée de capitaux étrangers dont les détenteurs ne voient que leur profit. Cette transformation augmente la distance entre employeurs et employés. Risque d’élimination des aveugles du marché du travail. Développement de grandes entreprises et suppression des petites. Que restera-t-il des 5 ateliers spécialisés
    d’aveugles. (Lituanie).
  • Assistance sociale. En Union soviétique, les aveugles avaient beaucoup de réductions, même si c’était plus sur le papier que dans la réalité. Avec le marché libre, beaucoup d’avantages disparaissent. Ex. Il y a 5 ans, les aveugles pouvaient téléphoner gratuitement deux heures par mois. Cet avantage a été supprimé depuis que la société à été privatisée au profit d’une compagnie finlandaise et que les coûts ont fortement augmenté. Beaucoup d’aveugles ont dû renoncer au téléphone. (Lituanie). Beaucoup de difficultés d’intégration pour les personnes handicapées : la société n’a pas besoin
    d’elles (Lettonie). 
  • Danger de perdre son identité locale et personnelle. Perte possible d’une éthique centrée sur la dignité de la personne individuelle. Voir Laborem Exercens et Centesimus
    Annus. (Grande-Bretagne).
  • Expérience de mondialisation de l’industrie : VW de Wolfsburg. Exigence de mobilité absolue, de maîtrise des niveaux de communication et d’une santé à toute épreuve des personnes engagées dans les industries. Destruction des liens sociaux existants. Cette forme de globalisation fait peur : on ne gagne pas à cette nouvelle forme d’absence de frontières. C’est vrai aussi pour les personnes aveugles qui peuvent difficilement répondre aux exigences de mobilité absolue, de capacité élevée de communication (les aveugles sont toujours en retard par rapport aux adaptations nouvelles) et de santé à toute épreuve. Conséquence : 80 % des personnes aveugles sont au chômage. (Allemagne.
    L’esprit de profit individuel pousse de plus en plus d’homme dans la pauvreté et le besoin. Ce mal augmente avec l’ouverture des frontières et la constitution de géants économiques mondiaux qui n’ont aucune considération pour la situation économique des personnes et des peuples défavorisés. La possibilité d’épanouissement professionnel et économique des aveugles capables de travailler diminue. La globalisation et le néolibéralisme mettent en danger l’économie sociale de marché. Ce sont les personnes handicapées qui en souffriront le plus (Autriche). 

2. Les défis auxquels notre association fait face dans le contexte de la globalisation

  • Nécessité de formation spécifique en informatique, création de centres de formation et de communication. Besoins de financement pour ces réalisations. (Chili,
    Lituanie) 
  • Nécessité de formation continue adaptée. (Lituanie)
  • Analphabétisme, surtout des adultes, absence de formation professionnelle, manque de programmes d’intégration de l’éducation spécialisée dans le système scolaire, manque d’intégration des aveugles dans la société en général (Togo).
  • Concurrence du marché informel. Fermeture d’ateliers de tissage des aveugles parce que les produits du secteur informel sont 8 fois moins chers. Quelques membres de l’Association, grâce à leur maîtrise de l’informatique travaillent dans des firmes commerciales. L’informatique est un grand avantage pour les aveugles et l’Association en favorisant l’autonomie. Les aveugles dépendent moins de lecteurs bénévoles. On va ouvrir le premier cyber-café pour les aveugles (où travaillent deux membres de l’Association). (Pérou) 
  • Face à la mondialisation, il ne faut pas maintenir une attitude contradictoire : vouloir être protégé dans sa niche. Ceci rendrait flexible et rachitique notre contribution au dialogue avec les pays du Sud. Encouragée par le Magistère, l’Association propose à ses membres de vivre une expérience de cohérence entre la vie privée et la vie publique, en faveur des pauvres, spécialement par une activité de soin et de prévention des maladies oculaires dans les pays du Sud.
    (Italie). 
  • Grâce aux médias, renforcement de la solidarité internationale : “les aveugles aident les aveugles du monde entier”. Attention aux pauvres, aux droits de l’homme, à la communication entre les
    cultures. 
  • Renforcement des associations régionales pour un travail plus efficace.
    – Élaboration de projets, spécialement pour les enfants, les jeunes familles et les femmes. Engagement pour la justice économique, le combat contre la pauvreté et l’action pour la paix. Collaboration avec les Églises de l’Est.
    (Allemagne). 
  • Situation contrastées. Certains sont bien intégrés, mais trop d’aveugles sont encore marginalisés, même dans le pays. Pour le Tiers monde, la CSI, Commission de la Solidarité Internationale, travaille en collaboration avec l’Union mondiale des Aveugles, l’Union francophone des aveugles. Voir Ensemble intervient spécialement au Maghreb, en Afrique francophone, en Asie du Sud-Est, en Haïti et à Cuba. 
  • Action éducative : sessions de formation pour enseignants et ré-éducateurs, aide financière à des organismes d’éducation (école, associations, ateliers d’alphabétisation), envoi de matériel pédagogique (tablettes, cubarithmes, ouvrages, revues, papier, cahiers). Soutien de projets générateurs de revenus (élevage avicole, moulins, fabrication d’amidon, de craies, de savon, production de jus de fruits, de pains, de gâteaux, tissage de serpillières) : formation, appui financier, creusement de puits, achats de barques, etc. (France). 

3. Notre participation à l’Église locale au temps de la mondialisation

  • Manque de préoccupation de l’Église. Il faudrait créer une pastorale intégrée où les personnes aveugles participent comme agents pastoraux. L’Église doit s’engager dans les nouveaux moyens de communication au bénéfice de tous et spécialement des plus défavorisés. (Chili). 
  • Contact constant avec la conférence épiscopale où nous sommes invités pour traiter des problèmes d’actualité en référence au rôle de l’Église. Face au matérialisme ambiant, les membres ont demandé plus de journées et d’activités spirituelles, et d’outils spirituels en braille. (Pérou. 
  • Effort particulier de faire participer les aveugles à la vie de l’Église : récollections, pèlerinages, services d’apostolat. Les personnes aveugles sont surtout présentes dans les services liturgiques comme lecteurs, organistes, dirigeants et membres de chorale et de groupes musicaux. Les personnes aveugles ne sont pas en marge de la communauté chrétienne. Elles jouissent des mêmes droits et devoirs que les valides. (Togo).
    Il faudrait une pacification entre les Églises, mais elle n’existe pas pour l’instant. (Bénin). 
  • Le Mouvement stimule les groupes diocésains à être présents dans les organismes de la pastorale diocésaine (conseil des associations laïques, bureau de catéchèse) pour une pastorale adaptée aux personnes handicapées, et dans la Caritas pour attirer l’attention sur les plus faibles et spécialement sur les immigrés, auxquels le Mouvement offre gratuitement des lunettes. Le Mouvement interpelle les Églises locales sur la situation des 40 millions d’aveugles dans le Sud du monde. L’Église a toujours été un creuset de solidarité. Réagir contre la culture dominante qui limite les valeurs évangéliques à la vie privée. La FIDACA devrait aider dans ce sens les associations nationales
    (Italie). 
  • Rendre les personnes aveugles capables de vivre leur vocation chrétienne à la lumière des valeurs évangéliques, grâce à une formation spirituelle, pastorale et liturgique. Travail avec les autres organisations pour mettre hors la loi les discriminations envers les personnes handicapées, y compris à l’intérieur de l’Église. Aide à l’étranger, aux personnes aveugles d’une région de la Roumanie
    (Grande-Bretagne). 
  • Union missionnaire pontificale : “Médecine et mission” (Allemagne). Comment faire coïncider la globalisation avec l’oecumène ? Qu’elle ne crée pas de nouvelles frontières mais les détruise. (Allemagne).
    Jésus valorise l’homme dans sa totalité, pas seulement le spirituel mais aussi le corps. L’Apostolat des aveugles sensibilise les chrétiens aux besoins des personnes aveugles du Sud, spécialement en Inde et en Afrique méridionale. L’Association veut également sensibiliser l’Organisation nationale neutre des aveugles
    (Autriche). 
  • Participation depuis 1990 au Comité catholique contre la faim et pour le développement créé par la Conférence épiscopale en 1961. ‘Voir ensemble’ participe ainsi avec les autres mouvements au développement, avec des relais diocésains et paroissiaux. (France). 

N.B. La communication de l’Espagne explique la raison pour laquelle l’Association catholique, créée après 1982, ne peut pas encore être membre à part entière de la FIDACA.

ONA / André Tihon 17 novembre 2003 |home|